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Chaleur, gel, grêle : l’agriculture à l’épreuve du changement climatique

  • Agriculture / Alimentation

Stress hydrique, épisodes de gel tardifs, sécheresses ou excès d’eau… Pour les agriculteurs, le changement climatique est une réalité quotidienne. Face à ces bouleversements, des démarches collectives émergent pour aider les exploitations à s’adapter. En Occitanie, la coopérative Vinovalie fait partie des pionniers suivis par l’ADEME, dans le cadre du dispositif Accompagnement des agriculteurs face au changement climatique, conçu en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire et structuré autour de trois volets complémentaires : adaptation, atténuation et santé des sols.

février 2026

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Le constat : on ne peut plus produire comme avant

À Cahors, Fronton et Gaillac, les paysages viticoles n’ont rien d’un bloc uniforme. Les reliefs, les sols, l’accès à l’eau, l’exposition au vent ou à la chaleur dessinent une mosaïque de situations et de vulnérabilités. C’est précisément ce qui rend l’adaptation si complexe : il n’existe pas « un » changement climatique, mais des effets très concrets qui s’expriment différemment d’une parcelle à l’autre. Vinovalie, coopérative implantée sur ces trois vignobles, réunit plus de 300 viticulteurs. Pauline Laborde Lacapelle, responsable du Pôle Viti Agro Environnement de la coopérative, pilote une équipe de techniciens vignes en lien direct avec les coopérateurs, et gère les châteaux et domaines dont la coopérative est propriétaire. Depuis plusieurs années, elle voit les inquiétudes s’accumuler. « Sur notre territoire, nous sommes soumis à de très nombreux aléas » explique-t-elle. Sécheresses, stress thermique, épisodes d’excès d’eau et de maladies, gels tardifs… L’enjeu n’est pas seulement d’encaisser un choc, mais d’apprendre à naviguer dans une variabilité de plus en plus exigeante.

En 2024 à Cahors, on a perdu 70 % de la récolte sur le vignoble.

Pauline Laborde Lacapelle, responsable du Pôle Viti Agro Environnement de Vinovalie

2024, une année difficile

L’année 2024 a marqué les vignerons autour de Cahors. Un épisode de gel particulièrement sévère a frappé alors que la vigne était déjà engagée dans son cycle de croissance, rendant les dégâts immédiats et massifs. Pour les exploitants concernés, le choc a été à la fois économique et humain : une telle perte fragilise la trésorerie de l’année et renforce le sentiment d’urgence face à un climat devenu plus imprévisible. Face à cela, les viticulteurs demandent des repères. « Ils connaissent des solutions, ont parfois déjà investi, mais ne savent pas lesquelles sont adaptées à leur situation ni à quel horizon » explique Pauline Laborde Lacapelle. Les équipements coûtent cher. Les aides sont complexes. D’où l’idée d’un « arrêt sur image » pour analyser l’exploitation telle qu’elle est, puis se projeter à 5, 10, ou 20 ans afin de bâtir un plan d’action chiffré.

Quels sont les principaux effets du changement climatique sur la vigne ?

La vigne, étroitement liée aux saisons, est directement touchée par le changement climatique.

  • Premier effet : la perturbation du cycle. Des hivers plus doux avancent le débourrement (apparition des bourgeons), exposant davantage la vigne aux gels tardifs. Les vendanges se décalent, ce qui impacte l’organisation, la main-d’œuvre et la logistique.
  • Deuxième effet, marqué dans le Sud-Ouest : la contrainte hydrique et thermique. Les vagues de chaleur peuvent provoquer brûlures, baisse de photosynthèse, blocages de maturation et pertes de rendement importantes. Le stress hydrique entraîne des pertes et irrégularités accrues de rendement. La chaleur favorise aussi l’accumulation de sucres, conduisant à des vins plus alcoolisés.
  • Troisième effet : des pluies extrêmes plus intenses, capables d’endommager infrastructures et sols, et de compliquer l’accès aux parcelles. Combinées à des températures élevées, cela crée également un micro-climat très propice au développement des maladies cryptogamiques de la vigne comme le mildiou. Le vignoble doit ainsi composer avec des périodes plus chaudes et sèches, alternant avec des épisodes pluvieux violents.

Au total, ces évolutions pèsent sur les rendements, la qualité et le modèle économique. Dans une filière où les investissements se raisonnent sur 20 à 30 ans, les impacts du changement climatique à court et moyen terme doivent être intégrés dans la stratégie d’adaptation de la filière.

L’État se mobilise avec un dispositif d’ampleur

Pour répondre à ces défis, l’ADEME, en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire (MAASA) a construit un dispositif national financé par les fonds de la planification écologique, destiné à donner aux agriculteurs du temps, des moyens et un accompagnement structuré. Intitulé Accompagnement des agriculteurs face au changement climatique, il repose sur trois volets : l’adaptation au changement climatique, l’atténuation (réduction des émissions, préservation et augmentation du stockage de carbone) et la santé des sols (de plus en plus demandée par le terrain).
Le dispositif finance deux types de dynamiques complémentaires : d’un côté, des accompagnements individuels à l’échelle de l’exploitation agricole ; de l’autre des démarches collectives, menées à l’échelle d’une filière sur un territoire, pour partager un diagnostic commun et engager une stratégie d’actions. Les chiffres donnent la mesure : 108 projets lauréats, environ 8 700 agriculteurs accompagnés sur trois ans, pour une enveloppe d’environ 21,8 millions d’euros. L’aide publique peut atteindre 90 %, un niveau rarement proposé sur des accompagnements de ce type.

Travailler en commun sur du concret

Deux éléments font la spécificité du dispositif. D’abord, il met autour de la table des acteurs qui, faute de moyens, travaillent souvent en parallèle. Ensuite, il ne s’arrête pas au diagnostic : il finance un accompagnement pour la mise en œuvre des actions sur la durée. Il s’agit donc de lever les blocages, trouver des solutions techniques, ajuster un plan d’action et mobiliser des cofinancements quand c’est nécessaire. C’est dans ce cadre que la coopérative Vinovalie a été retenue pour porter un projet collectif d’adaptation sur trois vignobles du Sud-Ouest. Le projet, intitulé CLIMAVIGNE.SO vise à accompagner des viticulteurs coopérateurs et indépendants et à construire une démarche réplicable pour pérenniser la filière à Cahors, Fronton et Gaillac. Vinovalie n’avance pas seule. Le projet associe notamment l’Institut Français de la Vigne et du Vin, l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest, la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie, les chambres d’agriculture départementales du territoire (31, 46, 81 et 82) et les syndicats viticoles de Cahors, Fronton et Gaillac.

Le diagnostic territorial : un premier jalon franchi par Vinovalie

La première étape de CLIMAVIGNE.SO repose sur un diagnostic de la vulnérabilité du territoire face au changement climatique. Cette analyse, conduite à l’échelle des bassins viticoles (et non exploitation par exploitation), vise à évaluer l’évolution des indicateurs climatiques influençant la physiologie de la vigne. Elle décrit notamment les caractéristiques des sols, en particulier la réserve utile, examine le potentiel d’accès à l’eau et propose une lecture prospective de la vulnérabilité à l’horizon 2035.
L’étude met en évidence des situations contrastées entre vignobles. Sur la période 2000-2022, Fronton, la Tarn-Garonne et Gaillac apparaissent parmi les secteurs les plus chauds et les plus secs du Sud-Ouest, tandis que le vignoble de Cahors présente un climat légèrement moins chaud et un bilan hydrique intermédiaire.

Le diagnostic intègre également une analyse de la disponibilité en eau via des bilans hydriques. Entre 2004 et 2022, trois grands profils hydriques se distinguent : Fronton et Gaillac figurent parmi les zones les plus sèches ; Cahors se positionne dans une situation intermédiaire, ainsi que la partie Est de la Gascogne ; d’autres secteurs, comme Marcillac et Madiran, apparaissent relativement plus humides.
Ce travail permet ainsi de dépasser les perceptions de terrain pour construire des scénarios objectivés et éclairer la prise de décision. Le croisement des projections climatiques et des caractéristiques des sols révèle des zones de forte vulnérabilité, en particulier lorsque l’accès à l’eau est limité et que les sols présentent une faible réserve utile. Certaines parcelles jusqu’alors considérées comme peu exposées pourraient ainsi rencontrer des difficultés, notamment dans les secteurs de vallée aux sols sableux, plus sensibles au stress hydrique. 

Une fois cette base posée, la démarche change d’échelle. Des viticulteurs volontaires sont recrutés. Ils bénéficient d’un accompagnement individualisé, avec un diagnostic d’exploitation, puis un plan d’action et un suivi. Les leviers identifiés collectivement sont ensuite testés, suivis et évalués, avec l’idée de capitaliser sur ce qui fonctionne.

Quels sont les premiers leviers d’adaptation identifiés par le diagnostic de filière ?

À court terme, certains leviers relèvent d’un ajustement fin des pratiques agronomiques. L’adaptation des dates de taille, par exemple, peut retarder certains stades et limiter l’exposition aux gels tardifs. Ces solutions sont souvent accessibles mais leur impact vis-à-vis de l’adaptation au changement climatique reste modéré.

À moyen terme, les choix deviennent plus structurants. L’irrigation raisonnée revient dans le débat, avec ses enjeux d’autorisations, d’infrastructures et de disponibilité locale de la ressource. CLIMAVIGNE.SO prévoit d’ailleurs des cartographies dédiées à cette question. D’autres leviers visent à renforcer le microclimat et la résilience des parcelles : agroforesterie, haies, ombrage, nouveaux cépages ou porte-greffes, implantation particulière de la vigne pour freiner le vent et améliorer l’infiltration. Ce sont souvent des solutions coûteuses et qui nécessitent de reconcevoir le système de production, avec des impacts encore méconnus vis-à-vis de la production (rendement, qualité, compatibilité avec la mécanisation).

À long terme, la réflexion devient stratégique. Replanter engage pour plusieurs décennies dans un contexte climatique incertain. D’où l’intérêt de leviers plus systémiques : diversification des productions, nouvelles sources de revenus (activités annexes, production d’énergie renouvelable ), recherche d’autonomie vis-à-vis des intrants. Un système trop spécialisé est plus vulnérable ; diversifier, c’est réduire le risque. Cependant, la vigne est une des rares cultures à avoir des besoins modérés qui lui permettent de s’implanter sur des sols relativement pauvres, et les alternatives ne sont pas nombreuses, encore peu documentées et avec des marchés encore incertains.

En somme, il n’existe pas de solution unique : l’adaptation repose sur des choix éclairés, chiffrés et suivis dans le temps.

Les prochaines étapes pour Vinovalie

Après la restitution du diagnostic de filière en 2025, la coopérative et ses partenaires ont cadré une méthodologie commune d’accompagnement avec les chambres départementales. Début 2026, la phase de recrutement et les premiers diagnostics individuels ont démarré. Le calendrier est serré : la campagne viticole démarrera au printemps et l’enjeu est aussi de créer une dynamique de bouche-à-oreille en s’appuyant sur les premiers retours de viticulteurs accompagnés.

Un dispositif qui concerne tous les agriculteurs

Accompagnement des agriculteurs face au changement climatique est un dispositif qui soutient des projets divers : élevage bovin en Auvergne-Rhône-Alpes, territoires de montagne confrontés à la raréfaction de l’eau et au réchauffement rapide, filières végétales impactées par l’adoucissement des hivers, ou encore projets portés par des collectivités qui cherchent à maintenir une agriculture locale sur leur territoire. Cette diversité n’est pas un détail : elle dit quelque chose de l’adaptation elle-même. Les réponses ne peuvent pas être standardisées, parce que les contextes ne le sont pas. Coopératives, chambres d’agriculture, associations de conseil, collectivités territoriales… les porteurs de projet varient, mais l’objectif est le même : transformer une prise de conscience généralisée en trajectoires crédibles, et éviter que l’adaptation ne soit réservée qu’à ceux qui ont déjà du temps, des moyens ou de l’ingénierie.

En savoir plus
  • Plus d’infos sur le dispositif « Accompagnement des agriculteurs face au changement climatique »
  • L’ADEME au Salon International de l'Agriculture
  • Lire l’article « Agroforesterie : redonner de la valeur à l’arbre pour transformer nos paysages agricoles »
  • Lire l'interview : « Dans 30 ans, on fera pousser des oliviers à Bordeaux et du maïs dans les Hauts-de-France »
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